Pour quoi transformer les produits agricoles?

L’homme a toujours  placé l’alimentation au centre de toutes ses activités. Dans l’antiquité, les romain parlait de « primo manducare, secundo philosophare »[1]. Vous et moi savons que l’agriculture a comme objectif principal d’assurer la sécurité alimentaire à l’ensemble de la population ; et la sécurité alimentaire sous attend un approvisionnement régulier des denrées alimentaires de qualité en quantité suffisante et à des prix abordable pour toutes les couches sociales[2].

Malgré ce dévouement des agriculteurs de lutter contre l’insécurité alimentaire, le gaspillage post-récolte reste le facteur réduisant sensiblement l’approvisionnement quantitative et qualitative de la population  mondiale en général et congolaise en particulier en denrée alimentaire. 25% des cultures tropicales sont perdues avant même d’être utilisée. Les pertes après récoltes représentent un gaspillage des terres arables, certes, mais aussi des ressources humaines et économiques.

Les pertes post-récoltes ont été aussi observées dans le passé dans d’autres contrées mais qu’en ont il fait pour y lutter ?

En Amérique latine, la transformation du maïs et du manioc en denrées stockables par fermentation est une pratique traditionnelle qui a permis de réduire les pertes post récoltes de ces produits[3].

En se basant sur ces résultats obtenus en Amérique latine, pourquoi ne pas affirmer que la transformation des produits agricoles impacterait positivement la sécurité alimentaire en République Démocratique du Congo en permettant la réduction des pertes après récoltes et l’approvisionnement de la population en aliment sain.

La République Démocratique du Congo peut être rayé sur la liste des pays les plus concernés par la sous-alimentation et accéder à la voie de l’industrialisation  dans les prochains jours si elle se lance dans la promotion des unités de transformation des produits agricoles.

Quelques facteurs de pertes post-agricoles[4]

  • Facteurs endogènes
  • Facteurs exogènes: facteurs physique (humidité, température, etc.) ou biologiques. (moisissures, insectes, rongeurs, etc.)

 

Quelles sont les différentes sortes de transformation agricole ?

Les produits agricoles doivent le plus souvent subir une transformation avant d’être consommés, conservés ou vendus aisément. Ces activités requièrent souvent un travail important et nécessitent un matériel spécifique. Le secteur des Industries Agroalimentaires, IAA en sigle regroupe l’ensemble des entreprises de transformation des matières premières, d’origine végétale ou animale, en produits destinés à l’alimentation humaine ou animale

Le secteur de l’Industrie Agroalimentaire comprend[5] :

L’industrie de la viande, L’industrie laitière, Le secteur des conserves et surgelés, Le secteur des produits à base de céréales Le secteur des huiles, Le secteur de l’industrie sucrière ; Le secteur des produits alimentaires divers  Le secteur des boissons et alcools

le secteur de la transformation est trop important aujourd’hui car ce secteur a enregistré, du jour au jour, une croissance plus accélérée dans les pays développés. Cela s’explique principalement par :

  • L’amélioration du pouvoir d’achat des ménages ;
  • Les changements des habitudes alimentaires qui s’orientent davantage vers la consommation de produits industrialisés ;
  • L’accroissement des exportations des produits transformés ;
  • Le développement de nouveaux produits de plus en plus élaborés

Que  faire pour rendre réel ce projet ?

Le gouvernement congolais, au travers son ministère de l’industrie et celui de l’agriculture, doit fournir d’effort, pour soutenir les jeunes entrepreneurs se lançant dans le secteur de la transformation agricole. Aussi, les acteurs scientifiques doivent se mobiliser pour accompagner ce projet de grande envergure, car la main scientifique est capitale dans la réalisation de ce projet. 

A quoi peut-on s’attendre si la transformation des produits agricoles est mise en marche ?

La transformation des produits agricoles est une vraie banque d’emplois et  une arme efficace contre la malnutrition. Si les décideurs investissent dans ce projet, l’agriculteur va user de toutes ses forces pour mieux combiner les facteurs de production et ainsi optimiser la production agricole. Aussi, la population congolaise aura accès à une alimentation saine de bonne qualité en quantité suffisante.

[1] MOBAMBO, P.2016 : Phytotéchnie générale, notes des cours, université de Kinshasa, inédit

[2] Memento de l’agronome, 2002. Éd. CIRAD & GRET 1691.p

[3] ASIEDU, J. 1991. La transformation des produits agricoles en zone tropicale : approche technologique, éd. C.T.A, Pays-Bas et éd. Karthala, Paris. 331. p

[4] Didier Montet, Réduction des pertes post-récolte en Afrique: Basée sur l’expérience du CIRAD, UMR Qualisud CIRAD PERSYST, France

[5] APEC, 2014, industrie : facteurs d’évolution et perspectives du marché de l’emploie cadre, les études de l’emploie du cadre, 15.p

 

GUELOR KASEREKA LWALEMENE