Figure 1. Plant de jatropha

Le monde aujourd’hui est frappé par le changement climatique causé par  les émissions des différents gaz à effet de serre comme : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), la vapeur d’eau (H2O), l’oxyde nitreux (N2O), etc. Parmi tous ces gaz le CO2 est le principal gaz émis par l’homme en des quantités très importantes.  Il est principalement issu de la combustion des énergies fossiles comme le pétrole.

Devant  ce  problème de changement climatique observé dans le monde et aussi suite à la hausse galopante et irrégulière du prix du pétrole, la course aux produits de substitution de produit pétrolier est déjà engagée dans le monde entier  depuis quelques années. Il a été prouvé  que certaines plantes pouvaient produire des huiles(les biocarburants) qui pouvaient remplacer efficacement certains produits pétroliers. Parmi ces plantes figure le jatropha dont les grains produisent une huile non comestible capable de substituer au diesel pétrolier. Les biocarburants sont parmi les solutions jugées efficaces contre la dégradation de l’environnement, en particulier la lutte contre  l’émission de gaz à effet de serre. Ils sont moins  polluants et  donc plus écologique.

Qu’est-ce que le Jatropha ?

Le Jatropha curcas est une plante originaire du Brésil, de la famille des Euphorbiacées. C’est une plante oléagineuse dont les fruits et les graines très riche en huile donnent  une huile à multiple usage dont la mise au point du carburant alternatif du gasoil pétrolier. Le jatropha peut atteindre 8m de hauteur et peut vivre jusqu’à 50 ans. Elle n’a ni besoin de fongicide, ni de pesticide pour sa protection contre toute attaque microbienne car elle est protégée par les toxines produites par ses racines et elle peut être cultivée avec d’autres cultures sans être en compétition avec celles-ci.

Elle atteint sa maturité à 9 ou 12 mois et sa pleine productivité en 3 ou 4 ans. La plante adulte peut donner entre 2 et 6 kg de graines par an et généralement en deux fructifications. Pour 9 kg de graines on peut extraire 1l d’huile, on peut donc espérer entre 600 et 1800 l d’huile à l’hectare.

Elle peut être cultivée dans les sols infertiles arides et semi-arides d’où son nom d’ « or vert du désert » mais il prospère mieux sous les climats tropical et subtropical avec un besoin en eau entre 400 et 600 mm par an. Les racines sont profondes et fortes avec un tronc à caudex constituant un réservoir d’eau qui permet à l’arbuste de résister lors des périodes critiques prolongées.

Figure 2. Grains séchés de jatropha

Pourquoi la cultiver ?

La culture de jatropha aujourd’hui s’avère être très importante surtout dans les milieux désertiques où elle valorise les terrains impropres à la culture. De la graine et du fruit on extrait de l’huile utilisée dans la fabrication de savon artisanal, pour l’éclairage et comme combustible dans les moteurs Diesel. La coque séchée des graines est utilisée comme combustible et remplace donc le bois en milieu rural cela qui constitue une solution alternative à lutte contre la déforestation dans ces zones. Le tourteau de graines s’avère être un puissant engrais organique qu’on peut utiliser même à grande échelle.

Le jatropha a d’autres vertus reconnues hormis  celles citées précédemment ; elle  fixe les sols, lutte contre les érosions, régénère les terres dégradées, améliore l’infiltration des eaux de pluie etc. hormis son importance écologique le jatropha offre aussi une grande importance agricole par sa capacité à s’adapter dans des sols moins fertiles revalorisant ainsi les terrains abandonnés par les cultures vivrières et en même temps protégeant les terrains contre les érosions.

Quels sont les différentes utilités de cette huile ?

Figure 3. Huile de jatropha raffinée

L’huile de jatropha peut être utilisée à l’état brut ou à l’état  raffiné :

  • L’huile a l’état brut (HBV) : L’extraction de l’huile brute de jatropha peut se fait par pressage à froid et elle comprend deux étapes : le triage des graines et le  séchage au soleil (améliore le rendement en huile) puis  le pressage à froid des graines de jatropha. L’huile à l’état brute peut être utilisée directement dans les moteurs Diesel, pure ou en mélange, mais à cause de sa viscosité élevée, l’utilisation d’une fraction importante demande un moteur adapté.
  • Le Biodiesel (huile raffinée ) : Il est obtenu par transformation des triglycérides des huiles végétales brute par la réaction de transestérification avec du méthanol ou de l’éthanol, cette réaction produit des esters d’huile végétale, respectivement les esters méthyliques d’huile végétale (EMHV) et les esters éthyliques d’huile végétale (EEHV), dont les molécules sont plus petites et peuvent donc faire l’objet d’utilisation comme biocarburant sans soufre, non toxique et hautement biodégradable dans les moteurs à allumage par compression.

L’utilisation de l’huile de jatropha comme biocarburant a fait l’objet de nombreux essais dans le monde, notons celle effectuée par la compagnie Air new Zéland en nouvelle  Zélande où un avion Boeing 747 a effectué un vol test avec succès en utilisant pour l’un de ses moteurs de l’huile de jatropha ; Une autre étude a été menée au mali pour l’utilisation de l’huile jatropha dans un groupe électrogène pour la production de l’électricité. Toutes ces expériences montrent l’intérêt que le monde porte à cette énergie nouvelle et renouvelable, La recherche et le développement de la filière jatropha figurent parmi les objectifs de nombreux pays.

Une étude sur l’huile de jatropha comme biocarburant a conclu que bien qu’elle n’ait pas encore atteint une qualité optimale et que son potentiel n’ait pas encore été pleinement développé, elle satisfait déjà aux normes de certains pays. La professionnalisation de la  filière jatropha présente un grand potentiel de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’où la nécessité de s’orienter vers cette source d’énergie nouvelle et renouvelable, plus soucieuse de l’environnement pour une gestion durable des ressources naturelles.

 SCHADRACK MOGBOKULA